NICOLAS MICHOT

"Je souhaite que nos gestes primitifs toujours actifs, arrachés, jetés, attrapés, glissent de l’espace quotidien à celui de l’exposition. Et, relevant aussi d’une pratique pouvant s’apparenter à celle de l’ouvrier spécialisé, ne sculptant pas, ne modelant pas, fabriquant.
Cette accumulation d’objets et d’images démontre une relation à l’égard du regardeur mais aussi du monde, entre agressivité et séduction, mises en présences.
Dérivant du réels vers un univers à l’esthétique symbolique. Les gestes bruts et sauvages conditionnent notre environnement. Dans les images, la société, le mobilier urbain ! A travers quoi sont-ils palpables ou sont-ils à prendre en compte comme révélateur de notre pensée, le geste au sens large du terme. Cette saturation des forces exacerbées induisent une inattention, une acceptation des signes dominant de nos existences, voire, une acceptation de forme de violence.
La forme du langage recherchée vacille entre destruction et poésie, le point limite où le paradoxe de la forme commence à incarner son contraire, ceci dû à un travail de récupération et de réutilisation de la matière ou d’un matériau. Comment s’articulent les formes qui en résultent et comment cette somme d’artefacts forment un horizon de mythes, insaisissables, parce que d’une autre culture et provenant d’objets détournés de leur milieu initial. Les sculptures oscillent entre le réel et le fictif, elles sont des formes à l’esthétique artificielle : une réalité déguisée.
Cette ambivalence est une nécessité et questionne les limites et les aboutissements
de ces forces, de la symbiose entre le réel et la fiction. Le seul élément qui en ressort trouve place dans l’absurde. Ces objets deviennent alors des pièges à désamorcer dans l’espace de l’exposition ou contenu dans l’objet en tant que tel et parfois mème l’un indissociable de l’autre. Ils ne font pas face à la même temporalité, à l’intérieur ou à l’extérieur. Il y a des mesures à prendre, saisir le temps, arpenter l’espace.

Quel lieu, comme possible terrain de l’art serait propice à la duperie ?"

NICOLAS MICHOT